
À l'automne 2022, la question de savoir si Juraj Slafkovsky devrait commencer sa carrière professionnelle dans la LNH ou non a fait l'objet de plusieurs débats à Montréal. Et que dire de cette année?
Avec les camps d'entraînement de la Ligue Nationale se terminant cette semaine, c'est l'heure des décisions concernant les alignements. Une des grandes questions concernant les attaquants à Montréal est sans aucun doute de savoir qui de Rafael Harvey-Pinard, Emil Heineman ou Jesse Ylonen restera avec le grand club. Mais je crois qu'une autre question devrait se poser: Juraj Slafkovsky devrait-il commencer la saison dans la Ligue Américaine ou rester dans la LNH ?
Ma réponse: Slafkovsky devrait passer du temps à Laval cette année. Je vais expliquer mon raisonnement dans cet article. J'aimerais aussi noter que je n'ai pas eu peur de partager cette opinion à plusieurs reprises au courant de l'été , incluant lors d'un des derniers épisodes du podcast The Press Zone.
Dans cet épisode diffusé le 26 septembre, j'ai dit lors de mon monologue que « Je crois toujours que Slafkovsky aurait avantage à jouer quelques matchs dans la Ligue américaine, d'après ce que j'ai vu jusqu'à maintenant... Je pense que Slafkovsky a besoin de gagner de la confiance dans plusieurs aspects de son jeu. Je crois aussi que la meilleure manière pour lui de gagner cette confiance serait de jouer à Laval ». (Cliquez sur le lien dans le paragraphe ci-dessus pour écouter l'intégralité de ma déclaration sur le podcast).
En fait, Nick Kypreos a commenté sur ce sujet lors de la discussion du panel de Sportsnet pendant la deuxième intermission du match des Canadiens contre les Maple Leafs lundi dernier. Lors de cette discussion, il a mentionné que : « On a l'impression que ce joueur n'est pas prêt pour la LNH ». Il a ensuite analysé une mauvaise lecture du jeu par Slafkovsky qui a mené à un but par Auston Matthews. Il a résumé son analyse en disant : « C'est ce qui me dit que ce joueur devrait commencer l'année dans la Ligue Américaine ».
Il semble donc que l'argument selon lequel Slafkovsky devrait aller gagner de l'expérience dans la Ligue Américaine gagne du terrain à nouveau. Prenons le temps de nous rappeler comment les choses se sont déroulées l'année dernière.
Un regard vers le passé
C'était une date marquée dans le calendrier de tous les partisans des Canadiens: le 7 juin 2022. Après avoir soufferts une saison déprimante qui a vu les Canadiens terminer au dernier rang de la LNH, une leur d'espoir se profilait à l'horizon pour les partisans. La douleur de la saison 2021-22 signifiait que les Canadiens allaient finalement avoir le tout premier choix au repêchage de 2022.
Passé l'anticipation de la soirée, les partisans étaient abasourdis après que les Canadiens aient passés à côté de Shane Wright, évalué presque unanimement comme le meilleur joueur de la cuvée 2022, pour opter pour l'ailier Jruaj Slafkosvky, un gros ailier de six pieds et trois pouces. Avec sa personnalité charmante, son sens de l'humour, son grand gabarit et son grand potentiel, il n'a pas fallu longtemps aux partisans montréalais pour se mettre derrière le jeune Slovaque.
Ensuite est survenue la question inévitable: est-ce que Slafkovsky devrait jouer directement dans la LNH? Est-ce qu'il devrait retourner en Europe pour gagner plus d'expérience? Devrait-il plutôt commencer sa carrière en Amérique du Nord dans la Ligue Américaine avec le Rocket de Laval.
Alors que plusieurs partisans ont réclamé que Slafkovsky joue avec les Canadiens, d'autres ont analysés la situation de manière objective et ont conclu que le meilleur choix pour lui serait de lui donner du temps de jeu à l'extérieur de la loupe des partisans et médias à Montréal pour perfectionner ses habilités. En toute honnêteté, je faisais partie de ceux qui ont affirmé à maintes reprises que le meilleur choix pour Slafkovsky serait de l'envoyer à Laval en septembre 2022, tout comme je crois toujours que c'est la meilleure chose à faire pour lui aujourd'hui.
Je comprends que plusieurs lecteurs seront réticents à l'idée d'envoyer Slafkovsky dans la Ligue Américaine, en particulier lorsqu'on regarde les premiers choix au total repêchés lors de la dernière décennie et que l'on constate que la grande majorité d'entre eux ont commencé à jouer dans la Ligue nationale l'année de leur sélection. Les premiers choix dont il est question sont :
- 2023 - Connor Bedard
- 2022 - Juraj Slafkovsky
- 2021 - Owen Power
- 2020 - Alexis Lafreniere
- 2019 - Jack Hughes
- 2018 - Rasmus Dahlin
- 2017 - Nico Hischier
- 2016 - Auston Matthews
- 2015 - Connor McDavid
- 2014 - Aaron Ekblad
Cependant, un premier choix au repêchage ne garantit pas (et ne devrait pas garantir) la voie directe vers la LNH. L'espoir doit être prêt à faire ce saut. Owen Powers, par exemple, est allé jouer dans la ligue collégial de hockey américaine en Septembre 2021, et beaucoup diront qu'une saison passée à jouer au hockey universitaire était la meilleure chose à faire pour lui.
Saison Recrue
Un an plus tard, nous savons que l'équipe a pris la décision de garder Slafkovsky à Montréal. Peut-être qu'une partie de l'enthousiasme suscité par les possibilités qu'un premier choix au repêchage pourraient apporter à une équipe a influencé la décision. Il y avait aussi peut-être un sentiment d'urgence vis-à-vis la reconstruction de l'organisation.
Peu importe ce qui a motivé cette décision, le jeune Slafkovsky est resté avec le Canadien et avait une année recrue importante devant lui. Malheureusement, sa première saison ne s'est pas bien déroulée pour l'attaquant de 19 ans. Certes, une blessure au genou a mis fin à sa saison assez tôt, mais en 39 matches, Slafkovsky n'a inscrit que quatre buts et récolté six passes.
C'est environ un point à chaque quatre matchs, très loin de ce qui est attendu de la part d'un premier choix au total. Cependant, Slafkovsky avait 18 ans et jouait dans la Ligue Nationale pour la première fois. La patience était de mise et elle l'est encore aujourd'hui. Slafkovsky est encore très jeune, il fera encore des erreurs, il a encore beaucoup à apprendre, mais il doit s'améliorer cette année.
L'option de la Ligue Américaine
Après un été d'entraînement, sa performance lors du camp de pré-saison a démontré de la progression, mais rien de très significatif. Il semble souvent peu confiant et a de la difficulté à remporter des batailles pour la rondelle. Il doit aussi améliorer sa prise de décision rapide, une habileté importante dans la Ligue Nationale.
Il n'est pas trop tard pour remettre son développement sur la bonne voie. Envoyer un espoir de premier calibre dans la Ligue Américaine n'est pas un signe d'échec, ni quelque chose dont le joueur devrait avoir honte. La Ligue Américaine est une ligue de développement pour des situations comme celles-ci. Cependant, la clé d'une transition réussie vers la Ligue Américaine réside dans la façon dont les entraîneurs et la direction transmettent le message. Personne ne veut voir un espoir se faire "rétrogradé" sans recevoir le soutien nécessaire pour l'aider à rester positif et motivé.
Il faut avoir une conversation honnête avec le jeune joueur et expliquer que l'organisation veut le voir joueur plus librement et développement ses habiletés, sans la pression et la vitesse de jeu de la LNH. Il faut expliquer que ce passage ne durera pas toute la saison. En fait, je suggère de l'envoyer à Laval pendant un mois (ou même moins) pour le laisser jouer son style de jeu. Il faut donner des instructions explicites au personnel d'entraîneurs de Laval sur la façon de le déployer et sur les aspects à travailler avec lui. Il commencera probablement à maîtriser la Ligue Américaine en peu de temps.
Lorsque ce sera le cas, il gagnera beaucoup de confiance et il commencera à se sentir invincible sur la glace. Les jeux sur la glace deviendront tellement naturels qu'il ne réfléchira plus et ne sera plus incertain quant aux décisions à prendre. Il se contentera de jouer. Il commencera alors à se sentir suffisamment à l'aise pour prendre plus de risques et réaliser des jeux plus importants. Lorsqu'il commencera à dominer ses adversaires soir après soir dans la Ligue Américaine, l'équipe pourra le rappeler à Montréal. Il y a de fortes chances qu'il commence soudainement à avoir l'air d'un joueur complétement différent parce qu'il n'essaiera pas de prouver qu'il a sa place au Centre Bell, il exécutera simplement ce qu'il a perfectionné dans la Ligue Américaine.
Ce serait un choix courageux pour l'équipe de direction de changer de cap après une décision aussi importante. Cependant, les entraîneurs et l'équipe des opérations hockey des Canadiens ont une occasion légitime d'aider Slafkovsky à se développer adéquatement, à court terme, avant qu'il ne passe plus de temps à avoir de la difficulté dans la LNH. Bien sûr, ils ont fait un choix différent l'an dernier. Et alors ? Cette année est censée être une année de développement, et l'avenir de Slafkovsky au sein du jeune noyau d'attaquants montréalais pourrait bien dépendre d'un geste audacieux pour l'aider à atteindre du succès à long terme.
Article original « Should Canadiens' Slafkovsky Spend Time in Laval? »par Amy Johnson. Traduit par Gustave Pinault-Masson
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